Ryan Bredfort

Les rayons du soleil acide traversé de mouches envahissaient le centre du stade. Ils étaient des milliers.  Des milliers d’épaves humaines. Respirant tous le même air poisseux, partageant la même misère. Quelle ironie, une semaine auparavant une moitié de ces épaves refusaient de partager quoi que ce soit de l’autre moitié. Les voilà maintenant à se côtoyer dans l’horreur et la douleur. À dix-huit heures pile, des miches de pains dure et rassie on été lancer de la grande loge. Sous le soleil orangée les milliers d’épaves ce sont animées pour cueillir le peu de vie restante.

-PUTAIN RYAN RÉVEILLE TOI !

Une vive douleur fusille mon crâne. J’ouvre les yeux. La silhouette floué de Linney en train de boutonnée sa chemise blanche m’apparais. Elle se retourne brusquement vers moi, ses cheveux blond vénitien  virevoltent. Je peux voir de mon lit le bleu azur de ses yeux. De ses petites lèvres roses s’échappa deux phrases. Encore et toujours les mêmes.

-PUTAIN RYAN RÉVEILLE TOI ! ILS VONT NOUS MANGER ET C’EST DEMAIN QUE TOMBERONS LES BLÉS !

Lentement je m’assis sur ma couchette. Repoussant les draps blancs et fins, je pose mes pieds sur le plancher froid. Enfin, je devine qu’il est froid, je porte des chaussettes (blanche) qui me protègent de l’horrible sensation. Pendant que je passe mes mains sur mon visage en constatant qu’il serait temps de me raser, Linney était prête à commencer son travail et n’attendais que moi.

Je commence à faire ma petite routine. Café, toast, uniforme, brossage de dents, peigne. Au diable le rasage. À toutes les cinq minutes Linney ne manquait pas de montrer son impatience.

-PUTAIN RYAN RÉVEILLE TOI !

-Oui oui Linney, j’arrive.

- ILS VONT NOUS MANGER ET C’EST DEMAIN QUE TOMBERONS LES BLÉS !*

Enfin prêt, je vérifie une dernière fois si tout est bien ranger dans la chambre. Tout est impeccablement blanc. Blanc, blanc, blanc, blanc. Cette couleur allait me rendre dingue.

Comme chaque matin, je marche environ deux minutes dans le corridor C avec Linney sur les talons. À la fin de la deuxième minute elle emprunte la porte 42. Je continu seul. Mes pas résonnent longuement dans le corridor. Ma montre indique très exactement 5h08 du matin. J’ai deux minutes de retard. Ce qui veut dire à peut près 120 pas si chaque pas prend une seconde.

Les portes défilent sous mes yeux. Leurs numéros vert éclatant me font loucher. Je ne croise personne. Normal, il est trop tôt. Je m’arrête devant la porte 123 et regarde  ma montre. 5h15. Soit sept minutes entre la porte 42 et la 123. D’habitude je le fais en six minutes, ce qui ajoute une minute à mes deux minutes de retard déjà accumulé entre la chambre 24 et la porte 42. 180 pas en tout.

-Bonjour Cameron, me lance Dr Robert sans se retourner dès que j’ouvre la porte.

La grande pièce composée d’un bureau isolé de paravent à droite, de cinq lits contre le mur du fond et à gauche la table en inox entourée d’armoire. Blanche, comme toujours.

-Bonjour Docteur Robert.

À suivre…

*Oui, j’aime cette phrase assez pour la plugger dans deux histoire différente.

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