Reflet de larmes
C’est du vieux stock sortit de mes documents Words fossiliser. Enjoy.
J’ai poussé la porte doucement, délicatement. Pourtant la rage bouillait en moi. Je sentais la colère bouger sous ma peau. Une odeur de moisi me fit plisser le nez durant quelques secondes. Ils étaient tous la. A s’engueuler, a pleuré. Mon autre moi aurait tenté de calmer la situation. Il aurait consolé tout le monde. On me la trop faite celle-là. Allez chier, je n’en ai rien à foutre. Vous êtes la a vous autodétruire et vous espérer que la personne que vous avez pulvérisé va venir vous sauvez ? Je traverse la pièce en regardant mes pieds. Je m’assois sur une de ces hideuses chaises orange brulé qui parsème la salle. Je serre les poings, ils deviennent blancs. Je n’entends rien d’autre que mon sang qui bat a mes tempes et des voix qui s’élève. Les mots s’entrechoque et tombe dans l’atmosphère pesante de la pièce. Tout allait si bien pourtant. Que de sourire partout. Que d’illusions partout. Moi-même, je suis un miroir, un putain de miroir. Qui se fissure. De l’intérieur, trop de pression. Un miroir en fusion. D’un coté il est lisse, impeccable, froid et impénétrable. De l’autre ça brule, fissuré, rayé et sale.
J’entends ce que je ne voulais pas entendre. Ça sille à mes oreilles, c’est faux.
-Regardez Amélie par exemple…
Et c’est parti ! Les gens aiment beaucoup trop complimenter les miroirs. Ils se parlent a eu même. Ce louange a l’infini. Jamais en manque de mots pour s’arrêter et remonter le miroir dans son estime, en espérant qu’il t’emmènera dans sa montée. Oublie ça. T’es mots se frappe a ma paroi impénétrable, mais te revienne identique. A ton plus grand bonheur. Je sens des larmes de honte me monter aux yeux, elles s’emparent de ma gorge et m’empêche de respirer normalement. Je me relève brusquement, traverse la pièce tête basse. Ces visages en larme, ces yeux qui reflètent la douleur de mille éclats aveuglant. Je n’ai pas la force de les regarder. Pour la deuxième fois, je pousse la grande porte. Mais cette fois ci pour quitter l’odeur de moisi. Ce n’est pas mieux dans le long couloir blanc devant moi. Ça sent le vide, ce l’est d’ailleurs. Vide. Excepter les curieux accoté au mur juste devant la porte. Ils parlaient avant que je sorte. C’est sur, un trop gros silence règne. Mes pieds tape violemment le sol pendant que je me dirige vers la petit arche au fond du couloir. Je retiens ma colère, ma honte, mes larmes. J’arrive enfin à ma destination, toute étourdie. L’air qui m’entoure et brulant étrangement consistant. Cinq petites toilettes poisseuses s’aligne contre le mur de gauche face à un petit lavabo malpropre. J’ai le cœur qui me remonte dans la gorge et la tête qui va imploser. Je prends la troisième. La plus proche dont la porte n’est pas fermée. Je me sens enfin seule. Je sanglote, trop doucement. Pour sortir toute ce que j’ai l’intérieur je devrais surement hurler. A en briser le miroir. Jusqu’à ce que les fissures se croisent dans une symphonie violente, mais ô combien délicieuse, de verre briser. Le front appuyé sur la petite porte d’un beige écœurant. Je pleurs en silence. Je hurle en silence. J’entends des voix. Dans le couloir, vaguement on murmure mon nom. Le silence revient. Je me rends compte que je suis replié sur moi-même. Et je pleurs. Pendant que je peux. J’entends des sanglots qui font écho au miens. Je les reconnais, beaucoup trop. Je ne veux pas voir quelqu’un pleurer. D’ailleurs personne ne veut voir un miroir pleurer. Car c’est nous que l’on voit hurler en silence. C’est notre bouche qui se tord en un cri, ce sont nos larmes qui coulent sur nos joues, nos yeux qui font scintiller notre âme.
juillet 21, 2010 à 2:40
Jsuis contente que t’ais eu le courage de le publier